Accueil › Guides pratiques › Ouvrir un salon de coiffure : qualification, affichage des prix, démarches et checklist
Ouvrir un salon de coiffure : qualification, affichage des prix, démarches et checklist
Qualification, local, affichage des prix, note au client et formalités : toutes les étapes pour ouvrir un salon de coiffure, avec les sources officielles et une checklist.
À retenir : la coiffure est une activité réglementée : sans CAP, brevet professionnel ou 3 ans d'expérience attestés par la chambre de métiers, l'exercice est interdit. Les prix doivent être affichés en 3 endroits.
Les grandes étapes
- Vérifier la qualification : la coiffure est une activité réglementée.
- Construire le projet : étude de marché, business plan, financement.
- Choisir le statut et trouver le local.
- Immatriculer l'entreprise au guichet unique.
- Aménager le salon (accessibilité, sécurité incendie) et organiser l'hygiène.
- Préparer l'ouverture : affichage des prix, note client, musique, assurances, embauches.
1. La qualification : sans elle, pas de salon
D'après Service-Public Entreprendre, coiffeur en salon (fiche indiquant une mise à jour au 21 février 2026), il faut justifier d'un des éléments suivants :
- un CAP coiffure, un brevet professionnel (BP) coiffure, ou un diplôme de niveau égal ou supérieur enregistré au RNCP ;
- ou 3 ans d'expérience dans la profession (en France ou dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen), comme dirigeant, indépendant ou salarié : la chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) délivre alors une attestation de qualification professionnelle ;
- ou un diplôme obtenu dans l'UE ou l'EEE, ou dans un pays tiers, à faire reconnaître auprès de la CMA du lieu d'exercice. Une mesure de compensation (stage d'adaptation ou épreuve d'aptitude, au choix du demandeur) peut être exigée si la formation est substantiellement différente.
Sanctions indiquées : 7 500 € d'amende pour exercice sans qualification ; usurpation de titre : 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Pour une reconnaissance de diplôme européen, la CMA accuse réception sous 1 mois ; sans réponse sous 3 mois après un dossier complet, la reconnaissance est réputée acquise.
Honorabilité : le dirigeant ne doit pas être sous le coup d'une interdiction de diriger, gérer ou administrer une société, ni d'une interdiction d'exercer. La CMA peut le contrôler pendant toute l'activité.
2. Business plan, statut, financement
- Le business plan vérifie la viabilité et convainc banques et financeurs (fiche « ouvrir un commerce »). Notre guide du business plan propose un calculateur de plan de financement et de seuil de rentabilité. Pensez au mobilier, aux postes de coiffage, aux bacs, au matériel, aux produits et au logiciel de rendez-vous.
- Choisissez le statut avec notre guide micro, EI, EURL, SASU. Pour l'ACRE et la CFE : notre guide.
3. Le local
- Un bail commercial est le cas le plus courant : lisez d'abord notre guide du bail commercial.
- Un salon est un établissement recevant du public (ERP) : accessibilité (cheminements, portes, sanitaires accessibles au public, stationnement adapté) et sécurité incendie (alarme, moyens de secours, registre de sécurité). Les travaux d'aménagement demandent une autorisation de la mairie avant le chantier : 4 mois pour un aménagement intérieur, 5 mois si un permis de construire est nécessaire (Service-Public). En fin de travaux : attestation d'accessibilité (Service-Public).
- Vérifiez que le local dispose des arrivées et évacuations d'eau nécessaires aux bacs et que la ventilation est suffisante pour les produits.
4. Immatriculation et cotisations
- Via le guichet unique des formalités d'entreprises, au plus tôt 1 mois avant le début d'activité et au plus tard 15 jours après, selon la fiche. Elle donne un SIREN, un SIRET et un code APE.
- Fournir une déclaration sur l'honneur de non-condamnation. Si votre conjoint travaille régulièrement dans le salon, déclarez son statut (conjoint collaborateur, salarié ou associé) : sans déclaration, il est considéré comme salarié.
- Cotisations : affiliation à la Sécurité sociale des indépendants pour l'entreprise individuelle ou le gérant majoritaire, avec paiement à l'Urssaf. Aucune cotisation n'est due pendant les 90 premiers jours ; les deux premières années, les cotisations sont forfaitaires, puis régularisées selon le revenu réel.
5. Affichage des prix et note au client
| Sujet | Règle |
|---|---|
| Affichage des prix | Obligatoire, en 3 endroits : à l'intérieur du salon (visible jusqu'à la caisse), en vitrine (visible de l'extérieur), et une carte des prestations consultable à tout moment. À hauteur de vue. |
| Nombre de tarifs | Au minimum 10 prestations pour un salon non mixte ; 20 pour un salon mixte (10 pour les hommes et 10 pour les femmes). |
| Prix | Affichés toutes taxes comprises (TTC). Pour un forfait de 2 prestations ou plus, le détail de chacune doit figurer. |
| Devis | Un devis systématique n'est pas requis si l'affichage respecte ces obligations, selon la fiche. |
| Note remise au client | Obligatoire pour toute prestation supérieure à 25 € TTC, ou si le client la demande. En 2 exemplaires, l'original pour le client, à conserver 2 ans. Elle indique notamment la date et l'heure, votre identité et votre SIREN, le détail des prestations, les totaux HT et TTC et le mode de paiement. |
| Ticket de caisse | Depuis le 1er août 2023, l'impression systématique du ticket de caisse est interdite, sauf demande du client. |
Pour la note et les devis, notre générateur de devis et notre guide du devis peuvent servir de base ; vérifiez que la mise en page respecte les mentions ci-dessus. Source : fiche coiffeur en salon et fiche affichage des prix.
6. Musique, assurances, embauches
- Musique : si vous diffusez de la musique, une déclaration préalable et une redevance annuelle sont dues à la Sacem, sauf musique libre de droits ; la Spré reste due dans tous les cas.
- Assurances : non obligatoires selon la fiche, mais très utiles. La multirisque professionnelle protège les locaux et le matériel ; la responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés aux clients (brûlure chimique, coupure, allergie, tache irréversible sur un vêtement), y compris par vos salariés.
- Embauche : déclaration préalable à l'embauche (DPAE) entre 8 jours avant et le jour de la prise de poste, contrat de travail, registre unique du personnel dès le premier salarié, visite d'information et de prévention dans les 3 mois. La convention collective applicable est la coiffure (IDCC 2596).
7. Hygiène, sécurité et prévention
Les risques principaux cités sont la station debout prolongée, les gestes répétitifs, les sols glissants et l'exposition aux produits chimiques (colorations, permanentes, laques). Dès le premier salarié, l'employeur doit évaluer les risques dans le document unique (DUERP) et former son équipe. La fiche utilisée ne détaille pas les règles d'hygiène propres au salon (désinfection du matériel, linge, produits) : renseignez-vous auprès de votre chambre de métiers et de la mairie avant l'ouverture.
Coiffeur à domicile ou itinérant
La fiche coiffeur à domicile reprend la même qualification, les mêmes déclarations et le même affichage des tarifs (au moins 10 prestations, 20 pour une clientèle mixte). Spécificités indiquées : la carte d'artisan itinérant est nécessaire si l'activité a lieu sur la voie publique ou sans salon fixe (elle n'est pas requise si les prestations sont réalisées uniquement dans la commune de résidence ; amende de 750 € sans déclaration préalable) ; le véhicule doit être assuré comme véhicule professionnel.
Votre checklist d'ouverture
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme pour ouvrir un salon de coiffure ?
Oui : la coiffure est une activité réglementée. Il faut un CAP, un brevet professionnel ou un diplôme équivalent inscrit au RNCP, ou 3 ans d'expérience dans la profession avec attestation de la chambre de métiers, selon Service-Public Entreprendre.
Que risque-t-on à exercer sans qualification ?
Une amende de 7 500 €. L'usurpation de titre est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.
Combien de prix faut-il afficher dans un salon ?
Au moins 10 prestations pour un salon non mixte et 20 pour un salon mixte (10 pour les hommes, 10 pour les femmes), en prix TTC, à l'intérieur, en vitrine et sous forme de carte consultable.
Faut-il remettre une note au client ?
Oui pour toute prestation supérieure à 25 € TTC ou si le client la demande, en 2 exemplaires, à conserver 2 ans.
Peut-on être coiffeur à domicile sans salon ?
Oui, avec les mêmes qualifications. Une carte d'artisan itinérant est nécessaire si l'activité se déroule sur la voie publique ou sans salon fixe, sauf si les prestations ont lieu uniquement dans la commune de résidence.
Sources
- Service-Public Entreprendre, coiffeur en salon (F39127)
- Service-Public Entreprendre, coiffeur à domicile (F36829)
- Service-Public Entreprendre, affichage des prix (F34344)
- Service-Public Entreprendre, travaux en ERP (F31687)
- Service-Public Entreprendre, accessibilité des ERP (F32873)
Pour aller plus loin
Les informations de cette page sont indicatives et n'ont pas de valeur juridique. Les règles peuvent varier selon votre commune et votre activité : confirmez-les auprès de votre mairie, de la CCI ou d'un professionnel avant d'engager des frais. Cette page est indépendante : aucun produit n'y est vendu ni recommandé.