Accueil › Guides pratiques › Artisan du bâtiment : se mettre à son compte

Artisan du bâtiment : se mettre à son compte quand on est salarié, la feuille de route

Mis à jour le

De la qualification au premier chantier : les étapes, les organismes à contacter et les points de vigilance pour quitter son poste en bon termes.

À retenir : avant tout chantier à votre compte, trois choses sont obligatoires : une qualification dans votre métier (diplôme ou trois ans d'expérience), une assurance décennale pour les travaux concernés et l'immatriculation de l'entreprise. Et pour partir sans vous fâcher avec votre employeur, mieux vaut prévoir sa sortie que la subir.

Cette feuille de route suit l'ordre des étapes. Pour chacune : ce qu'il faut faire, qui contacter, où se renseigner. Elle s'adresse à un salarié du bâtiment (peintre, maçon, couvreur, mais aussi plaquiste, carreleur, menuisier…) qui veut se lancer.

Étape 1 : vérifier sa qualification

Les métiers du bâtiment sont des activités réglementées. Il faut justifier d'une qualification : un CAP, un brevet professionnel ou un diplôme de niveau égal ou supérieur inscrit au RNCP, ou trois ans d'expérience effective dans le métier (salarié, indépendant ou dirigeant), qui donnent droit à une attestation délivrée par la chambre de métiers et de l'artisanat (CMA). Exercer sans qualification est puni de 7 500 € d'amende.

Étape 2 : connaître ses obligations envers son employeur

Tant que votre contrat dure, vous restez tenu à un devoir de loyauté, même sans clause écrite : discrétion, ne pas nuire à l'employeur, ne pas lui faire concurrence. Concrètement :

Vérifiez votre contrat, votre convention collective et le règlement intérieur : clause d'exclusivité, de non-concurrence, de confidentialité. Après le départ, une clause de non-concurrence ou de confidentialité peut continuer de s'appliquer.

Étape 3 : choisir comment partir

OptionPrincipeÀ savoir
Congé pour création d'entrepriseVous quittez temporairement votre poste pour vous lancer, avec droit au retour24 mois d'ancienneté ; jusqu'à 1 an, renouvelable une fois, sauf accord collectif différent ; demande au moins 2 mois avant ; non rémunéré
Temps partiel pour création d'entrepriseVous réduisez votre temps de travail pour démarrer votre activitéRègles proches du congé ; voir le Code du travail numérique
Rupture conventionnelleDépart négocié avec l'employeurIndemnité minimale légale ; ARE possible sous conditions ; l'employeur doit être d'accord
DémissionVous partez de vous-même, en respectant le préavisPas d'ARE en principe, sauf démission pour projet de création ou reprise validé par Transitions Pro
Cumul en restant salariéActivité menée en parallèleRarement possible dans le même métier que l'employeur (concurrence)

Congé pour création d'entreprise, le détail : la demande indique la date de départ, la durée et l'activité de la future entreprise, et s'envoie par un moyen qui date l'envoi (courrier ou courriel avec accusé de réception). L'employeur peut accepter, reporter de 6 mois au maximum ou refuser dans certains cas ; sans réponse sous 30 jours, l'accord est réputé donné. Un refus peut être contesté devant le conseil de prud'hommes dans les 15 jours. Au retour, vous retrouvez votre emploi ou un emploi similaire, à rémunération au moins équivalente ; prévenez l'employeur au moins 3 mois avant la fin du congé.

Pour les droits au chômage selon le mode de départ, voir démission et chômage, l'indemnité de rupture conventionnelle et la démission pour reconversion.

Étape 4 : en parler à son patron, dans les règles

Étape 5 : choisir son statut

La micro-entreprise est la plus simple pour démarrer ; la société protège davantage mais demande plus de formalités et de coûts. Les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise sont de 203 100 € (vente, hébergement) et 83 600 € (services) en 2026. Le comparatif complet est dans le guide choisir son statut, et ce simulateur estime vos cotisations et votre net. Les plafonds et la TVA : simulateur de plafonds.

Étape 6 : s'assurer avant le premier chantier

Étape 7 : immatriculer l'entreprise

Étape 8 : aides et financement

AideDe quoi s'agit-il ?Qui contacter
ACRERéduction des cotisations : 25 % pour un micro-entrepreneur créé depuis le 1er juillet 2026 ; non automatique, à demander dans les 60 jours après le début d'activitéUrssaf
ARE maintenue ou ARCESi vous êtes demandeur d'emploi indemnisé : maintien partiel de l'ARE avec vos revenus, ou capital correspondant à 60 % des droits restants, versé en deux fois. L'ARE maintenue et l'ARCE ne se cumulent pas ; l'ARCE suppose l'ACREFrance Travail
Prêt d'honneurPrêt personnel à taux zéro, de 10 000 € à 29 000 € selon les projets et les réseauxInitiative France, Réseau Entreprendre
Garantie bancaireGarantie de jusqu'à 65 % d'un crédit bancaireBpifrance, France Active
MicrocréditJusqu'à 12 000 € pour les porteurs de projet exclus du crédit bancaire classiqueAdie

Étape 9 : premiers chantiers

Étape 10 : si vous embauchez un jour

Dès le premier salarié : déclaration préalable à l'embauche, contrat de travail, registre unique du personnel, document unique d'évaluation des risques, convention collective du bâtiment, et carte BTP pour chaque salarié intervenant sur chantier (amende jusqu'à 4 000 € par salarié en cas de manquement).

La checklist à garder

Sources

Guides liés

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour s'installer comme maçon, peintre ou couvreur ?

Oui : ces métiers du bâtiment sont des activités réglementées. Il faut un CAP, un brevet professionnel ou un diplôme de niveau égal ou supérieur enregistré au RNCP, ou à défaut trois ans d'expérience dans le métier (comme salarié, indépendant ou dirigeant), validés par une attestation de la chambre de métiers et de l'artisanat. Exercer sans qualification est puni d'une amende de 7 500 €.

Puis-je monter mon entreprise en restant salarié de mon patron ?

C'est possible seulement si votre contrat n'a pas de clause d'exclusivité, si l'activité est exercée en dehors de votre temps de travail et si elle ne concurrence pas votre employeur. Dans le même métier, c'est rarement le cas : la Cour de cassation a validé un licenciement pour faute grave dans une situation de ce type, même sans clause de non-concurrence (arrêt du 14 janvier 2026, non publié). Le congé pour création d'entreprise est la voie la plus sûre.

L'assurance décennale est-elle obligatoire dès le premier chantier ?

Pour les travaux qui touchent à la solidité de l'ouvrage, oui : elle doit être souscrite avant le début des travaux, et l'attestation figure sur les devis et factures. Le défaut d'assurance est puni de 75 000 € d'amende et de six mois d'emprisonnement. Pour un peintre, elle est facultative pour la peinture décorative intérieure simple, mais une responsabilité civile professionnelle reste recommandée.

Garde-t-on le chômage si on démissionne pour créer son entreprise ?

En principe non. Une démission pour un projet de création ou de reprise d'entreprise ne peut ouvrir droit à l'ARE que si le projet est réel et sérieux et validé par Transitions Pro avant la démission, avec 1 300 jours travaillés dans les 60 mois précédents. Une rupture conventionnelle, qui suppose l'accord de l'employeur, ouvre droit à l'ARE sous les conditions habituelles.

Combien de temps peut durer un congé pour création d'entreprise ?

Selon Service-Public, à défaut d'accord collectif, jusqu'à 1 an, renouvelable une fois pour 1 an. Il faut 24 mois d'ancienneté et une demande au moins 2 mois avant le départ. Le congé n'est pas rémunéré et vous retrouvez votre emploi ou un emploi similaire à votre retour.

L'ACRE est-elle automatique ?

Non, depuis 2026. Il faut la demander à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité. Pour un micro-entrepreneur, les cotisations sont réduites de 25 % : par exemple, le taux de 21,2 % passe à 15,9 %.

Information : ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les règles doivent être vérifiées à la date de votre situation, auprès des organismes cités.

Vous êtes en période d'essai ? La rupture suit des règles propres : calculez la fin de votre période d'essai.

Et ensuite ?

Situation : Indépendant. Les étapes qui reviennent le plus souvent :

  1. 1Micro-entrepreneurNet et cotisations selon l'activité.
  2. 2Plafonds micro et TVASeuils de chiffre d'affaires 2026.
  3. 3Calcul de TVAPasser du HT au TTC et inversement.
  4. 4Tarif journalier freelanceLe TJM pour un revenu visé.
  5. 5Chômage des indépendantsAllocation des travailleurs indépendants.