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Démission et chômage : dans quels cas a-t-on droit à l'ARE ?
Démissionner prive en principe de l'allocation chômage. Trois voies existent pourtant : la démission légitime, la démission pour projet de reconversion et le réexamen après 121 jours. Voici les conditions, vérifiées le 28 octobre 2026.
À retenir : en principe, une démission n'ouvre pas droit à l'ARE. Les exceptions sont encadrées et se vérifient avant de démissionner, pas après.
Une démission donne-t-elle droit au chômage ?
En principe non. L'assurance chômage est réservée aux personnes involontairement privées d'emploi, et la démission est un départ volontaire. Il en va de même d'une rupture en période d'essai à votre initiative ou, après mise en demeure, d'un abandon de poste assimilé à une démission.
Deux voies existent après une démission « classique » selon France Travail :
- Retravailler puis perdre involontairement son emploi : il faut avoir travaillé au moins 3 mois après la démission, soit 65 jours ou 455 heures, puis subir une perte d'emploi involontaire.
- Demander un réexamen : voir plus bas.
Qu'est-ce qu'une démission légitime ?
France Travail retient une liste limitative de 17 motifs. Chacun exige des justificatifs. Les principaux :
- mariage ou PACS entraînant un changement de domicile, dans les 2 mois avant ou après ;
- suivi du conjoint qui change de résidence pour un emploi ;
- violences conjugales imposant un changement de résidence (plainte à fournir) ;
- salaires impayés malgré une décision de justice ;
- acte délictueux subi dans le cadre du travail, avec plainte ;
- échec d'une création ou reprise d'entreprise ;
- démission d'un nouvel emploi avant 65 jours travaillés, après un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD, sans inscription comme demandeur d'emploi entre les deux emplois ;
- fin d'un contrat d'insertion, d'un CUI ou d'un service civique, pour un emploi ou une formation.
La liste complète figure sur la page France Travail citée en source. Vous devez toujours remplir les conditions générales de l'ARE : 130 jours travaillés ou 910 heures sur les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans).
Peut-on démissionner pour un projet de reconversion ?
Oui, pour un projet « réel et sérieux » qui nécessite une formation ou qui consiste à créer ou reprendre une entreprise. Conditions de l'Unédic :
- avoir travaillé 1 300 jours dans les 60 mois précédant la fin du contrat, soit environ 5 ans d'activité continue ;
- remplir les conditions générales de l'ARE (âge, aptitude physique, résidence en France) ;
- faire valider le projet avant de démissionner.
Les étapes :
- Se faire accompagner par un conseil en évolution professionnelle (CEP), service gratuit.
- Déposer le dossier auprès de Transitions Pro, pour obtenir une attestation du caractère réel et sérieux du projet.
- En cas d'avis favorable, vous avez 6 mois pour démissionner, vous inscrire à France Travail et demander l'allocation.
Un avis défavorable doit être motivé. Il peut être contesté dans les 2 mois. France Travail vérifie la réalisation du projet dans les 6 mois suivant l'ouverture des droits. Sans motif valable, vous êtes radié 4 mois et l'allocation est supprimée. Le site demission-reconversion.gouv.fr guide ces démarches.
Peut-on obtenir un réexamen après 121 jours ?
Oui. Si vous êtes toujours en recherche d'emploi 4 mois (121 jours) après votre démission, vous pouvez demander un réexamen par l'instance paritaire régionale. Vous devez justifier vos démarches de recherche d'emploi. En cas de décision positive, l'allocation est versée à partir du 5e mois suivant la démission, dans les conditions normales d'ouverture. La demande se fait dans le service « Demandes suite à démission » de votre espace.
Quand s'inscrire à France Travail ?
Vous pouvez vous inscrire comme demandeur d'emploi dès le lendemain de la fin du contrat, ou le lendemain de la fin du préavis si vous en faites un. Conservez les justificatifs de votre motif : chaque motif légitime en exige.
Comment estimer mes droits ?
Si votre cas relève d'une exception, estimez le montant et la durée avec le simulateur chômage. Pour comparer avec une rupture conventionnelle, utilisez le simulateur de rupture conventionnelle.
Ces règles sont générales : seul France Travail se prononce sur votre dossier. Interrogez-le avant de démissionner. Ce guide ne constitue pas un conseil personnalisé.
Sources officielles
- France Travail : La démission et l'assurance chômage
- France Travail : Je veux démissionner pour un motif légitime
- Unédic : La démission pour projet professionnel (décembre 2024)
- France Travail : Ai-je droit à l'allocation chômage ?
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Questions fréquentes
A-t-on droit au chômage si on démissionne ?
En principe non. Des exceptions existent : démission légitime (liste de 17 motifs), démission pour projet de reconversion validé, ou réexamen par l'instance paritaire après 121 jours de recherche d'emploi.
Quelles conditions pour une démission pour reconversion ?
Un projet réel et sérieux (formation, création ou reprise d'entreprise) validé par Transitions Pro avant la démission, et 1 300 jours travaillés dans les 60 mois précédents.
Que se passe-t-il 121 jours après une démission ?
Vous pouvez demander un réexamen à l'instance paritaire en justifiant votre recherche d'emploi. Si la décision est positive, l'ARE débute au 5e mois suivant la démission.
Une démission légitime ouvre-t-elle automatiquement droit à l'ARE ?
Non. Il faut fournir les justificatifs du motif et remplir les conditions générales, notamment 130 jours travaillés ou 910 heures sur les 24 derniers mois.
Information : ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les règles doivent être vérifiées à la date de votre situation, auprès des organismes cités.